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  • TeamSystem rachète ACD : après Sellsy, l’italien bâtit un empire du logiciel en France

    TeamSystem rachète ACD : après Sellsy, l’italien bâtit un empire du logiciel en France

    En moins de deux ans, TeamSystem a enchaîné quatre acquisitions françaises. Après Clémentine, ClicData et Sellsy, c’est au tour d’ACD, acteur historique des logiciels pour cabinets d’expertise comptable, de rejoindre le groupe italien. L’opération a été annoncée le 8 avril 2026 et elle n’est pas un coup isolé. C’est la pièce manquante d’une construction bien pensée, portée par une échéance qui concentre toutes les attentions du secteur : la généralisation de la facturation électronique en France.

    Ce qu’il faut retenir

    • TeamSystem, éditeur italien soutenu par le fonds Hellman & Friedman, a racheté ACD le 8 avril 2026, après avoir déjà acquis Clémentine (juillet 2024), ClicData (juillet 2025) et Sellsy (septembre 2025).
    • ACD accompagne 3 500 cabinets comptables, représente 30 000 utilisateurs et génère 37 millions d’euros de chiffre d’affaires.
    • Sellsy couvre le versant PME (CRM, facturation, trésorerie, marketing) là où ACD couvre le versant cabinet (production comptable, paie, gestion).
    • TeamSystem reproduit en France le modèle qu’il a déployé en Italie lors de la réforme de la facturation électronique : racheter les maillons de la chaîne avant que l’obligation légale ne crée un afflux massif de demande.
    • L’obligation de recevoir des factures électroniques s’appliquera à toutes les entreprises françaises dès le 1er septembre 2026. L’émission deviendra obligatoire pour les PME au 1er septembre 2027.
    • Le chiffre d’affaires de TeamSystem dépasse le milliard d’euros, avec une croissance de 19 % en 2024 et plus de 2,5 millions de clients dans le monde.
    • Pour les dirigeants de PME et les équipes commerciales, cette consolidation change le paysage des fournisseurs et annonce des évolutions produits majeures dans les 18 à 24 mois à venir.

    TeamSystem : qui est vraiment ce géant discret qui avale le marché français ?

    TeamSystem n’est pas un acteur que l’on croise souvent dans les fils d’actualité grand public, et pourtant sa trajectoire est assez spectaculaire. Fondé en 1979 à Pesaro, en Italie centrale, le groupe s’est imposé comme le principal éditeur de logiciels de gestion pour les PME et les professions libérales dans son pays d’origine. En Italie, il pèse environ 30 % du marché des PME et 41 % du segment des professionnels, ce qui en fait une référence bien installée avant son expansion européenne.

    Le tournant intervient en 2016, quand le fonds américain Hellman & Friedman prend le contrôle du groupe. C’est à partir de là que TeamSystem accélère vraiment sur la croissance externe. En 2023, Silver Lake entre au capital via une participation minoritaire de 600 millions d’euros, aux côtés d’Hg et de CapitalG. Avec cette structure financière, le groupe a les moyens de ses ambitions : plus de 500 millions d’euros déployés en acquisitions sur les deux dernières années.

    En 2024, TeamSystem franchit le cap du milliard d’euros de chiffre d’affaires, avec une croissance de 19 % sur l’exercice et plus de 5 000 collaborateurs au service de 2,5 millions de clients. Le groupe a réalisé à ce jour plus de 40 acquisitions, dans des secteurs allant de la comptabilité à la facturation, en passant par la cybersécurité, la BI et la gestion RH. La France est devenue son terrain de jeu favori à l’international, avec quatre opérations bouclées en moins de deux ans.

    La séquence française : quatre rachats, une logique de plateforme

    Pour comprendre le rachat d’ACD, il faut le replacer dans la série dont il fait partie. TeamSystem ne rachète pas des sociétés au coup par coup. Il constitue méthodiquement un écosystème capable de couvrir l’ensemble du cycle de gestion des entreprises françaises, du commercial à la comptabilité, en passant par la data et la facturation. Voici comment la séquence s’est construite.

    Juillet 2024 : Clémentine, le premier pied en France

    Fondée en 2013 à Nancy par William Boiché et son père, Clémentine s’était imposée comme l’un des pionniers de l’expertise comptable en ligne pour les entrepreneurs français. Rentable depuis sa création, développée sans aucune levée de fonds, la société affichait plus de 250 collaborateurs et 10 000 clients au moment de l’acquisition. TeamSystem avait approché ses dirigeants dès 2023 et la vente avait été signée à l’été 2024.

    L’intérêt de Clémentine pour TeamSystem est double. D’un côté, s’implanter sur le marché français avec un actif rentable et bien positionné sur l’expertise comptable digitale. De l’autre, récupérer une base de clients professionnels directement exposés aux enjeux de la facturation électronique. William Boiché a quitté la présidence pour se lancer dans un projet en cybersécurité. Maximilien Saint-Dizier, son ancien directeur commercial, a pris la succession avec une ambition affichée : atteindre 100 millions d’euros de chiffre d’affaires à l’horizon 2032.

    Clementine

     

    Juillet 2025 : ClicData, la couche data et BI

    Fondée en 2008 à Lille par Telmo Silva et Hélène Clary, ClicData propose une plateforme SaaS d’agrégation de données, de reporting et de business intelligence, avec une base de plus de 500 clients en Europe et en Amérique du Nord. L’acquisition répond à un besoin précis dans l’architecture de TeamSystem : disposer d’une brique analytique capable de transformer les données de facturation, de trésorerie et de CRM en tableaux de bord exploitables.

    Pour les clients PME et les cabinets comptables, cette intégration ouvre la voie à des outils de pilotage plus intelligents, alimentés par les données issues des autres solutions du groupe. C’est aussi un signal fort sur les ambitions de TeamSystem en matière d’IA et de data : le groupe avait annoncé 250 millions d’euros dédiés à l’intégration de l’intelligence artificielle à fin 2024.

    Septembre 2025 : Sellsy, le CRM et la facturation côté PME

    Le rachat de Sellsy est sans doute le plus visible des quatre opérations françaises. Basé à La Rochelle et fondé en 2009, Sellsy est l’un des éditeurs français les plus reconnus sur le segment des PME, avec une plateforme qui couvre le CRM, la facturation, la pré-comptabilité, la gestion de trésorerie et l’automatisation marketing. Au moment du rachat, la société revendique plus de 23 000 clients et 180 collaborateurs, dont 78 en R&D.

    PSG Equity, entré au capital en 2021 avec un financement global de 55 millions d’euros, cède sa participation dans le cadre de l’opération. L’équipe dirigeante, menée par Victor Douek, reste en place. Sellsy était en cours d’immatriculation comme plateforme de dématérialisation partenaire (PDP) au moment du rachat, ce qui lui aurait permis d’émettre et de recevoir des factures électroniques pour le compte de ses clients PME, directement connectée au système fiscal français. La société avait aussi initié une expansion en Espagne via le rachat de Quipu en 2022.

    Depuis l’acquisition, le logo de Sellsy affiche désormais “TeamSystem Sellsy” et la société a confirmé sur son blog que les quatre entités françaises (Sellsy, Clémentine, ClicData et ACD) forment ensemble l’écosystème “TeamSystem France”.

    Teamsystem Sellsy

     

    Avril 2026 : ACD, la pièce manquante du côté des cabinets

    ACD est une figure historique du marché français des logiciels pour experts-comptables. Fondé il y a plus de 40 ans et installé à Tours, le groupe accompagne aujourd’hui 3 500 cabinets comptables pour un total de 30 000 utilisateurs et plus d’un million d’entreprises clientes. Avec 37 millions d’euros de chiffre d’affaires et plus de 300 collaborateurs, ACD propose une gamme complète de logiciels de production comptable, de gestion et de paie collaborative, disponibles en SaaS et On-Premise.

    Éric Choteau-Laurent, président d’ACD, a commenté l’opération avec des mots qui reflètent bien la logique d’ensemble : “Nous marions 40 ans d’expertise métier à la puissance d’un leader européen. C’est le meilleur scénario pour continuer de défendre notre vision et rester l’acteur moteur du marché français.” De son côté, Federico Leproux, PDG de TeamSystem, a confirmé le lien direct avec le contexte réglementaire : “Le contexte français présente de fortes similitudes avec ce que nous avons connu en Italie, où la facturation électronique a été un levier de numérisation. Avec l’acquisition d’ACD, nous souhaitons mettre cette expérience au service du marché français.”

    Sellsy et ACD : deux actifs complémentaires, pas concurrents

    La question qui vient naturellement est la suivante : pourquoi racheter à la fois Sellsy et ACD, qui opèrent tous les deux dans l’univers de la gestion financière des entreprises ? La réponse tient dans la différence de positionnement de chacun et dans la logique de guichet unique que TeamSystem cherche à construire.

    Sellsy s’adresse aux PME et TPE directement. C’est l’outil que le dirigeant ou le responsable administratif utilise au quotidien pour gérer ses devis, ses factures, son pipeline commercial et sa trésorerie. ACD, lui, s’adresse aux cabinets d’expertise comptable qui accompagnent ces mêmes PME. Ce sont deux publics distincts, deux points d’entrée différents dans la relation de gestion financière, mais les deux sont indispensables pour couvrir le cycle complet. En combinant les deux, TeamSystem peut se positionner comme interlocuteur sur toute la chaîne :

    • La PME émet et gère ses factures via Sellsy, pilote son CRM et suit sa trésorerie.
    • Le cabinet comptable traite les données de cette même PME via ACD, produit les bilans et gère la paie collaborative.
    • Clémentine fait le lien sur le segment de l’expertise comptable en ligne, pour les entrepreneurs qui n’ont pas de cabinet dédié.
    • ClicData agrège les données de toutes ces sources pour produire des tableaux de bord analytiques à destination des dirigeants et des décideurs financiers.

    Ce modèle de plateforme intégrée est exactement ce que les grands acteurs américains comme Intuit (QuickBooks et TurboTax) ou Sage ont construit sur leurs marchés domestiques. TeamSystem ambitionne de reproduire ce schéma à l’échelle européenne, avec la France comme premier marché d’expérimentation.

    La facturation électronique : le catalyseur de toute la stratégie

    Pour saisir l’urgence et la cohérence de ces acquisitions, il faut garder en tête le contexte réglementaire dans lequel elles s’inscrivent. La France est en train de vivre une transformation de son système de facturation comparable à ce que l’Italie a traversé quelques années plus tôt, et c’est précisément cet avantage d’expérience que TeamSystem met en avant dans chacun de ses communiqués de rachat.

    Le calendrier officiel, fixé par la loi de finances 2024 et le décret du 29 juillet 2024, est le suivant :

    • 1er septembre 2026 : toutes les entreprises françaises doivent être en mesure de recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée (PDP) ou le portail public de facturation (PPF). Les grandes entreprises et ETI ont également l’obligation d’émettre leurs factures en format électronique structuré à cette date.
    • 1er septembre 2027 : l’obligation d’émission est étendue aux PME et micro-entreprises. Plus de 10 millions d’acteurs économiques sont concernés par la réforme dans son ensemble.

    La fin des emails avec PDF en pièce jointe et du courrier papier pour les transactions B2B domestiques approche à grands pas. Les factures devront circuler sous des formats structurés (Factur-X, UBL ou CII) via des plateformes certifiées. Environ 85 plateformes sont aujourd’hui immatriculées comme PDP, mais le volume reste limité au regard du nombre d’entreprises concernées.

    Pour TeamSystem, cette réforme est une aubaine. En Italie, la facturation électronique a été généralisée bien avant la France et le groupe a joué un rôle central dans cette transition pour ses clients. Il dispose donc d’une expertise opérationnelle concrète, sur les processus, les connecteurs, les formats et la gestion de la conformité, que les acteurs français devront construire de zéro. Racheter ACD et Sellsy avant le pic de demande, c’est se positionner comme le recours naturel des cabinets et des PME qui devront s’équiper d’ici 2027.

    Ce que ça change concrètement pour les PME et les équipes commerciales

    Pour les dirigeants de PME et les responsables commerciaux ou financiers qui utilisent Sellsy ou travaillent avec un cabinet équipé d’ACD, quelques implications pratiques méritent d’être anticipées dès maintenant.

    Des évolutions produits à prévoir, portées par l’IA

    TeamSystem a annoncé vouloir injecter ses capacités en intelligence artificielle et en automatisation dans chacune de ses entités françaises. Pour Sellsy, cela se traduit déjà par le développement de “Sellsy IA”, une couche fonctionnelle intégrée à la plateforme. Pour ACD, les 30 000 utilisateurs pourront bénéficier d’outils d’automatisation des processus comptables, sur le modèle de ce que TeamSystem a déployé en Italie. L’intégration de ClicData ouvre aussi la voie à des tableaux de bord consolidés, croisant les données commerciales de Sellsy et les données comptables d’ACD.

    Une réponse toute prête à la facturation électronique obligatoire

    Si Sellsy finalise son immatriculation comme plateforme de dématérialisation partenaire (PDP), les PME clientes auront une solution directement opérationnelle pour la conformité à la réforme de 2026-2027. La connexion naturelle avec ACD, qui gère le flux côté cabinet, pourrait créer un circuit automatisé entre l’émission de la facture chez le client PME et son traitement comptable chez l’expert-comptable, sans ressaisie, sans PDF et sans friction administrative. C’est exactement le genre de flux que TeamSystem a su construire en Italie.

    Des synergies à surveiller entre Sellsy et ACD

    Les deux entités restent pour l’instant distinctes, avec leurs propres équipes, leurs propres produits et leurs propres bases clients. TeamSystem a pris l’habitude de conserver les gouvernances locales dans ses acquisitions, et c’est une promesse explicitement formulée dans le communiqué sur ACD. À moyen terme, des passerelles techniques entre Sellsy et ACD seraient logiques : partage de données clients, synchronisation des flux de facturation, intégration des états financiers ACD dans les dashboards Sellsy ou ClicData. Ces évolutions prendront du temps, mais elles s’inscrivent clairement dans la direction affichée par le groupe.

    Un rapport de force modifié avec les concurrents

    La consolidation de TeamSystem en France modifie l’équilibre du marché. Des acteurs comme Sage, EBP, Cegid ou Pennylane se retrouvent face à un concurrent qui couvre désormais l’ensemble de la chaîne, de la PME au cabinet, avec des ressources financières sans commune mesure avec les leurs. Pour les équipes commerciales qui vendent ou achètent ces solutions, le paysage va bouger : renégociations tarifaires, nouvelles offres groupées, pression sur les acteurs intermédiaires. Autant d’éléments à intégrer dans les prochains cycles de renouvellement de contrat ou d’appels d’offres logiciels.

    Le modèle TeamSystem : une recette éprouvée, exportée en France

    Ce qui se passe en France n’est pas une stratégie improvisée. C’est la reproduction d’un modèle que TeamSystem a perfectionné en Italie sur plusieurs décennies et qu’il exporte maintenant dans les pays où la réforme de la facturation électronique crée un besoin structurel de mise à niveau.

    En Espagne, le groupe a racheté Golden Soft en mars 2025, un éditeur de logiciels de gestion pour PME. En Italie, il continue d’acquérir des verticales complémentaires, comme la gestion des copropriétés, le workplace management avec Nibol en mars 2026, ou la fintech avec CashInvoice. La logique est toujours la même : construire un écosystème suffisamment large pour que le coût de départ devienne élevé pour les clients, tout en enrichissant chaque brique par l’IA et l’automatisation.

    Pour Federico Leproux, PDG de TeamSystem, la France représente un marché porteur précisément parce qu’il est en retard sur la digitalisation comptable. Ce retard, qui peut sembler une faiblesse, est en réalité une fenêtre de tir que TeamSystem a su identifier avant ses concurrents. Quand la demande explosera sous la contrainte réglementaire, le groupe sera déjà en place, avec des marques reconnues, des bases clients fidélisées et une infrastructure technique rodée.

    Ce qu’on ne sait pas encore

    Plusieurs inconnues subsistent au moment de la publication de cet article et elles méritent d’être signalées pour éviter toute surinterprétation.

    • Les montants des transactions n’ont pas été communiqués pour la quasi-totalité des opérations françaises. On sait que TeamSystem a déployé plus de 500 millions d’euros en acquisitions sur deux ans au niveau global, mais la part allouée à la France reste inconnue.
    • Le calendrier d’intégration technique entre Sellsy et ACD n’est pas public. Les deux entités conservent leurs équipes et leurs gouvernances, et aucune feuille de route technique consolidée n’a été communiquée.
    • Le statut PDP de Sellsy était en cours d’instruction au moment du rachat. Sa validation officielle conditionne une partie des synergies attendues avec ACD.
    • La réaction des concurrents (Cegid, Sage, EBP, Pennylane) n’a pas encore pris de forme publique. Le marché va vraisemblablement répondre par ses propres mouvements de consolidation dans les mois à venir.
    • L’impact sur les tarifs pour les cabinets et les PME utilisateurs d’ACD et de Sellsy reste à observer. Les acquisitions par private equity se traduisent rarement par des baisses de prix à court terme.

    Ce qui est certain, c’est que le marché français des logiciels de gestion pour PME et cabinets comptables vient de franchir un point de bascule. TeamSystem n’est plus un acteur étranger qui tâte le terrain : c’est l’un des joueurs centraux du secteur, avec une présence qui couvre tous les maillons de la chaîne. Pour les décideurs qui achètent, renouvellent ou comparent des solutions dans ce domaine, ignorer cette réalité serait une erreur de lecture du marché.

     

  • Odoo et Partena Professional s’associent pour unifier la paie et les RH des PME belges

    Odoo et Partena Professional s’associent pour unifier la paie et les RH des PME belges

    Le 2 avril 2026, Odoo et Partena Professional ont annoncé un accord qui fait du bruit dans le monde des logiciels de gestion. Les deux acteurs belges s’associent pour construire une plateforme RH et paie entièrement unifiée, pensée pour les PME. Un contrat décrit par le CEO d’Odoo lui-même comme dix fois supérieur à son plus gros client actuel. De quoi regarder ça de près.

    Ce qu’il faut retenir

    • Odoo et Partena Professional lancent la première solution intégrée RH + paie du marché belge
    • L’offre cible en priorité les PME de moins de 200 collaborateurs relevant des CP 200 et 302
    • Trois formules disponibles : Basic, Essentials, Relax, à prix fixe par collaborateur
    • Le démarrage commercial est prévu pour début 2027
    • Le contrat est qualifié de plus gros accord jamais signé par Odoo
    • L’extension aux autres commissions paritaires est prévue à partir de 2027

    Qui sont les deux acteurs derrière ce partenariat ?

    Odoo est un éditeur de logiciels de gestion d’origine belge, fondé à Louvain-la-Neuve, dont la suite ERP open source est aujourd’hui utilisée par plus de 20 % des entrepreneurs en Belgique. La société s’est imposée mondialement en proposant une approche modulaire couvrant CRM, comptabilité, inventaire, site web, et bien d’autres fonctions métiers. Son modèle repose sur une intégration native entre toutes ses applications, ce qui la distingue des suites assemblées par rachats successifs.

    Partena Professional est quant à lui l’un des principaux secrétariats sociaux de Belgique. Il accompagne plus de 51 000 entreprises, 135 000 indépendants et gère environ 920 000 fiches de paie chaque mois. Sa force repose sur une expertise reconnue en droit social belge, un territoire particulièrement complexe : 262 commissions paritaires, des réglementations régionales distinctes, des conventions collectives en cascade. C’est précisément cette complexité qui rend la paie en Belgique si difficile à automatiser.

    Pourquoi ce partenariat, et pourquoi maintenant ?

    La logique est simple à comprendre quand on connaît les deux acteurs. Odoo cherchait un partenaire pour renforcer son module paie sur le marché belge, l’un des plus exigeants d’Europe en la matière. Partena, de son côté, souhaitait remplacer ses outils existants par une plateforme plus moderne et plus intégrée. Les deux agendas se sont croisés au bon moment.

    Fabien Pinckaers, CEO d’Odoo, l’a formulé sans détour lors de la conférence de presse : “C’est un marché de services. Nous, on cherchait un acteur pour compléter l’offre d’Odoo. Partena songeait à remplacer ses outils et cela tombait bien.” L’accord ne se limite pas à une intégration technique entre deux produits existants. Les deux entreprises construisent un outil commun, from scratch, sur une page blanche. C’est ce qui distingue ce partenariat d’un simple accord de distribution.

    Ce choix de repartir de zéro est revendiqué par Partena sur sa page produit : “Ne pas optimiser l’existant… mais repartir d’une page blanche.” Pour les PME, cela signifie une plateforme conçue dès l’origine pour faire circuler les données sans rupture entre la gestion des congés, la validation RH, le calcul de la paie et le traitement par les chargés de dossiers Partena.

    Concrètement, ça ressemble à quoi ?

    L’offre se décline en trois formules sous la marque “Simplicity First”, chacune pensée pour un niveau de maturité RH différent. Le positionnement tarifaire est à prix fixe par collaborateur et par fiche de paie, sans coûts cachés. Un argument fort pour des dirigeants de PME habitués à des facturations opaques avec les secrétariats sociaux traditionnels.

    Formule Positionnement Payroll Expertise juridique
    Basic Une paie simple et conforme Opérations de base En option
    Essentials La solution tout-en-un Opérations les plus courantes Inclus
    Relax Une approche globale Opérations les plus courantes Inclus et dédié

    La plateforme intègre également une assistance IA pour répondre aux questions en temps réel, un module de self-service collaborateur, et la possibilité d’évoluer à terme vers un ERP complet couvrant CRM, comptabilité, inventaire et site web. L’ambition est donc large : commencer par la paie, puis embarquer progressivement l’ensemble de la gestion d’entreprise sur Odoo.

    Qui est concerné dans un premier temps ?

    L’offre est réservée, dans un premier temps, aux entreprises qui emploient moins de 200 collaborateurs et qui relèvent exclusivement de la commission paritaire 200 (employés) ou de la CP 302 (Horeca). Ce sont les deux CP les plus répandues en Belgique, ce qui représente un volume très significatif de PME. Les entreprises dont les salariés sont répartis sur plusieurs commissions paritaires devront attendre la prochaine phase de déploiement.

    Les experts-comptables sont également ciblés directement par Partena, qui leur consacre une section à part sur sa page produit. L’argument : des clients PME mieux équipés et plus autonomes dans leurs saisies, ce qui libère du temps pour le conseil à valeur ajoutée. C’est un angle de distribution intelligent, Partena ayant déjà une relation établie avec l’écosystème comptable belge.

    Le démarrage effectif de l’offre est prévu pour début 2027. Les intéressés peuvent d’ores et déjà soumettre un formulaire de contact sur le site de Partena Professional pour être informés en priorité.

    Ce que ça dit du marché des logiciels RH et paie en Belgique

    Ce partenariat arrive dans un contexte où plusieurs éditeurs cherchent à unifier la gestion RH et la paie sur une même interface. Cegedim, Cegid, Silae ou encore Payfit ont tous développé des approches similaires sur le marché français, avec des niveaux d’intégration variables. En Belgique, la complexité réglementaire a longtemps freiné ce type d’initiative : les secrétariats sociaux gèrent une expertise très spécifique que les éditeurs de logiciels génériques peinent à reproduire seuls.

    La réponse d’Odoo et Partena à ce problème est structurelle : plutôt que de vendre une intégration entre deux produits distincts, ils co-construisent un produit commun. C’est un modèle différent, plus ambitieux, mais aussi plus risqué en termes de délais de livraison et d’adoption terrain. Le CEO de Partena, Roeland Van Dessel, a résumé l’ambition lors de la conférence : “On vient de révolutionner le marché.”

    Pour les DSI et responsables logiciels en PME belge, la question à se poser est simple : si vous êtes en CP 200 ou 302 et que vous utilisez actuellement plusieurs outils séparés pour gérer la paie, les congés et le suivi RH, cette solution mérite d’être mise sur votre radar dès aujourd’hui, même si l’offre ne sera disponible qu’en 2027.

     

  • Release Notion, un mois de mars chargé

    Release Notion, un mois de mars chargé

    9 mises à jour en 19 jours. Notion n’a pas chômé pour ce mois de mars. Agents personnalisés, connecteurs CRM, génération d’images, nouveaux modèles d’IA… le cap est clair : Notion veut devenir le système d’exploitation des équipes, pas juste un outil de prise de notes. Tour d’horizon de tout ce qui a changé.

    Ce qu’il faut retenir

    • 9 mises à jour publiées entre le 2 et le 18 mars 2026, soit une cadence quasi quotidienne.
    • Les Notes d’IA reçoivent deux améliorations majeures : contrôle de consentement RGPD et instructions personnalisées pour formater les comptes-rendus.
    • Notion intègre désormais Salesforce directement dans son IA, après Asana en février, la stratégie de connecteurs s’accélère nettement.
    • Deux nouveaux modèles d’IA sont disponibles : GPT-5.4 pour la puissance, MiniMax M2.5 pour réduire les coûts des agents.
    • Les dashboard views arrivent en Business et Enterprise pour centraliser KPIs et données en un seul panneau.
    • La génération d’images est intégrée nativement, et n’importe quelle page peut être transformée en présentation plein écran.

    Instructions personnalisées pour les Notes d’IA (18 mars)

    C’est la mise à jour la plus récente du mois, et probablement l’une des plus utiles au quotidien. Jusqu’ici, Notion AI pondait un compte-rendu standard à partir de la transcription. Maintenant, on peut lui donner des instructions précises pour qu’il s’adapte vraiment aux habitudes de l’équipe. Les instructions personnalisées permettent de :

    • Définir les sections attendues dans le CR (décisions prises, actions à suivre, points en suspens, etc.).
    • Choisir le ton (synthétique, détaillé, orienté actions, formel ou non).
    • Donner du contexte sur l’équipe ou les projets pour que l’IA arrête de confondre les sujets.
    • Fixer la longueur cible du résumé.

    Ça se configure depuis le pied de n’importe quel bloc Notes d’IA, via le bouton Instructions. Pour les équipes commerciales qui enchaînent les réunions client, c’est un vrai soulagement : fini le reformatage manuel du CR avant de l’envoyer.

    Contrôles de consentement pour les Notes d’IA (12 mars)

    La transcription automatique des réunions pose une question qui fâche depuis le début : est-ce que les participants savent qu’ils sont enregistrés ? Notion y répond enfin avec un vrai mécanisme de consentement, configurable à l’échelle de tout le workspace. Les propriétaires de workspace peuvent activer l’affichage automatique d’un message de consentement au début de chaque transcription. Ce message prévient les participants avant que la réunion ne commence. Ça se configure dans Paramètres → IA de Notion → Notes d’IA → Exiger le consentement de tous les membres de l’espace de travail.

    Pour les boîtes soumises au RGPD ou qui font régulièrement des réunions avec des externes (clients, partenaires, prestataires) c’est une réponse simple à un vrai sujet de conformité. Les équipes juridiques et les DSI apprécieront de ne plus avoir à bricoler une solution à côté.

    Connecteur IA Salesforce (11 mars)

    Après le connecteur Asana lancé début février, Notion continue d’ouvrir son IA vers les outils externes. Cette fois c’est Salesforce qui est dans la boucle. L’IA peut désormais interroger les données du CRM directement, sans quitter Notion. En pratique, ça veut dire qu’on peut poser des questions à l’IA sur :

    • L’état du pipeline et des opportunités en cours.
    • L’historique des transactions avec un compte.
    • Les informations de contact d’un prospect ou d’un client.
    • Les leads et leur avancement dans le funnel.

    Les réponses respectent les permissions Salesforce existantes, chacun voit ce qu’il est censé voir, pas plus. Pour activer le connecteur, il suffit de chercher Connecteurs IA dans les paramètres de l’IA de Notion. Pour un commercial qui jongle en permanence entre son CRM et ses docs de suivi dans Notion, c’est une vraie simplification du quotidien.

    Dashboard views pour les bases de données (10 mars)

    Les dashboard views, c’est un nouveau type de vue qu’on installe directement au-dessus d’une base de données Notion. L’idée : construire un panneau de contrôle visuel qui regroupe tout ce qui compte en un seul endroit, sans ouvrir plusieurs vues séparément. Ce qu’on peut assembler dans un dashboard view :

    • Plusieurs vues combinées (tableau, liste, calendrier, kanban…).
    • Des KPIs calculés directement depuis les propriétés de la base.
    • Des propriétés clés mises en avant pour un accès rapide.

    C’est réservé aux forfaits Business et Enterprise, et c’est pensé autant pour les équipes que pour les agents personnalisés, qui ont besoin d’une vue consolidée pour décider quand agir. Pour un responsable marketing qui pilote plusieurs campagnes, ou un chef de projet qui surveille un portefeuille, c’est le genre de vue qui change vraiment la façon de travailler.

    Génération d’images avec Notion AI (9 mars)

    Notion AI génère et retouche maintenant des images directement dans une page. Ça s’active avec la commande /ai image ou depuis le chat Notion AI, et on peut affiner le résultat avec des prompts de suivi jusqu’à tomber sur ce qu’on cherche. Les types de visuels disponibles :

    • Images de couverture pour les pages et documents.
    • Photos réalistes pour illustrer un contenu.
    • Graphiques et diagrammes stylisés.
    • Visuels pour les présentations.

    Pour les équipes marketing et communication qui vivent dans Notion, c’est la pièce manquante : rédiger, structurer et illustrer un contenu sans changer d’outil. Et pour les petites équipes sans designer sous la main, c’est un raccourci pratique pour produire des visuels corrects sans perdre de temps.

    GPT-5.4 disponible dans Notion (6 mars)

    GPT-5.4 débarque dans le sélecteur de modèles de Notion. OpenAI le présente comme plus rapide et plus économe en tokens que ses prédécesseurs sur les tâches exigeantes. Il rejoint Claude Opus 4.6 (disponible depuis début février) dans le catalogue accessible depuis Notion. Ce qui se dessine, c’est une vraie stratégie multi-modèles. Plutôt que de se lier à un seul fournisseur, Notion propose une sorte de place de marché où chacun choisit selon ses besoins :

    • GPT-5.4 pour les tâches complexes qui demandent le meilleur niveau de raisonnement.
    • Claude Opus 4.6 pour les raisonnements multi-étapes et les longues productions.
    • MiniMax M2.5 pour les automatisations à volume élevé, sans se ruiner.

    C’est aussi une façon de ne pas dépendre d’un seul fournisseur d’IA. Une précaution qui commence à avoir du sens quand on voit à quelle vitesse le marché bouge.

    Nouvelle permission “création de pages” dans les bases de données (5 mars)

    Notion ajoute un cran de granularité dans la gestion des droits sur les bases de données. Jusqu’ici c’était assez binaire : lecture, modification, ou rien. La nouvelle permission “création de pages” ouvre un cas intermédiaire bien utile. Un utilisateur peut créer de nouvelles entrées dans une base sans voir celles des autres. Quelques cas d’usages concrets :

    • Une base de notes de réunion où chaque collaborateur gère ses propres réunions sans accéder à celles des collègues.
    • Un formulaire de demandes internes où les contributeurs remplissent leur fiche en toute indépendance.
    • Un espace partagé avec des prestataires externes qui peuvent déposer des livrables sans voir l’ensemble du workspace.

    Pour les DSI et les responsables qui ouvrent leur Notion à des contributeurs externes (clients, freelances, partenaires) c’est une fonctionnalité qui lève un vrai point de blocage dans la gestion des accès.

    MiniMax M2.5 dans les agents personnalisés (3 mars)

    Les agents personnalisés de Notion (lancés fin février avec la v3.3) peuvent maintenant tourner avec MiniMax M2.5, un modèle open-weight jusqu’à dix fois moins coûteux que les modèles premium pour les tâches de base. Il est disponible dans le sélecteur de modèles des agents.

    L’intérêt est immédiat pour les équipes qui veulent déployer des agents à fort volume sans que la facture s’envole. Un agent qui trie des demandes entrantes, répond à des questions répétitives dans Slack ou génère des rapports de suivi n’a pas besoin de GPT-5.4 pour bien fonctionner. MiniMax M2.5 couvre ces cas sans se ruiner, et on garde les gros modèles pour ce qui le mérite vraiment.

    Mode présentation pour toutes les pages (2 mars)

    N’importe quelle page Notion peut maintenant passer en présentation plein écran. Le principe : on ajoute des séparateurs pour délimiter les diapositives, et on lance le mode avec ⌘⌥P sur Mac, Ctrl+Alt+P sur Windows, ou depuis le menu •••. Le contenu s’adapte automatiquement à l’écran.

    C’est disponible à partir du forfait Plus. Ça ne remplace pas PowerPoint quand on a besoin de slides très graphiques, mais pour présenter un doc Notion en réunion sans l’exporter ni le recopier ailleurs, c’est exactement ce qu’il faut. Les menus dépliants fonctionnent toujours pendant la présentation, donc si quelqu’un pose une question sur un détail, on peut naviguer dedans sans sortir du mode.

    Ce que ces mises à jour révèlent sur la stratégie de Notion

    Pris ensemble, ces 9 releases de mars racontent quelque chose de cohérent sur la direction que prend Notion. Trois tendances de fond se dégagent.

    Notion devient un agrégateur de données d’entreprise

    Salesforce en mars, Asana en février. Notion est en train de construire une couche d’interrogation unifiée sur toutes les données dispersées dans les outils d’une organisation. L’IA peut déjà fouiller Notion, Slack, Gmail, Notion Calendar, Asana et Salesforce depuis une seule interface. La suite logique, c’est d’étendre ce catalogue à d’autres CRM, ERP ou outils de support. C’est exactement ce que promettent des solutions comme Glean,… sauf que Notion part d’un outil que les équipes utilisent déjà tous les jours.

    Les agents personnalisés tirent vers l’Enterprise

    Consentement sur les Notes d’IA, permissions granulaires sur les bases, choix de modèles économiques pour les agents : tout ça adresse des préoccupations très “Enterprise”. Déployer des agents IA à l’échelle d’une organisation, ce n’est pas qu’une question de technologie, c’est aussi de la conformité, du coût et de la gouvernance. Notion coche les trois cases en même temps, ce qui est le signe que le produit s’adresse maintenant autant aux DSI et aux directeurs des opérations qu’aux utilisateurs finaux.

    La boucle de productivité se referme dans un seul outil

    Rédiger, illustrer, présenter, automatiser, suivre, connecter : Notion couvre maintenant presque tout le cycle de travail d’une équipe. La vraie question n’est plus de savoir si Notion peut faire quelque chose, mais si les équipes sont prêtes à tout centraliser dans un seul endroit. Et c’est là que la conduite du changement devient le vrai sujet, pas la technologie.

  • Dotmarket School, la première formation française dédiée à la reprise de business digitaux

    Dotmarket School, la première formation française dédiée à la reprise de business digitaux

    Racheter un e-commerce ou un SaaS existant plutôt que repartir de zéro, c’est une tendance de fond dans l’entrepreneuriat digital français. Dotmarket, la place de marché française du M&A digital, vient de franchir une nouvelle étape en lançant Dotmarket School : un programme intensif de 12 semaines entièrement dédié à la reprise de business digitaux. Première promotion le 10 avril 2026. Voici ce qu’il faut savoir.

    Ce qu’il faut retenir

    • Dotmarket School est la première formation française spécialisée sur la reprise de business digitaux, avec un focus fort sur l’e-commerce.
    • Le programme dure 12 semaines et combine masterclass, ateliers groupés, entretiens individuels et interviews de praticiens.
    • Deux modules indépendants : positionnement acquéreur (5 semaines) et analyse/sécurisation du deal (7 semaines).
    • Tarifs : de 1 400 € HT (module 1 seul) à 3 000 € HT pour le programme complet.
    • Les intervenants sont des praticiens du M&A digital, des avocats spécialisés et des opérateurs e-commerce actifs.
    • Première promotion limitée à 30 participants, du 10 avril au 3 juillet 2026.

    Pourquoi Dotmarket lance une école

    Dotmarket existe depuis 2020 et a accompagné plus de 550 cessions de business digitaux depuis sa création. La plateforme rassemble aujourd’hui plus de 30 000 repreneurs inscrits et traite plus de 100 transactions par an. En côtoyant quotidiennement acheteurs et vendeurs, l’équipe a fait un constat récurrent : la grande majorité des candidats à la reprise ne manquent pas de budget ni de motivation, mais de méthode.

    Racheter un business digital, ce n’est pas simplement signer un acte de cession. C’est savoir lire un P&L reconstitué, identifier une dépendance SEO fragile, comprendre la structure fournisseurs d’un e-commerce, évaluer la transmissibilité réelle d’une marque. Des compétences que les formations en création d’entreprise ou en M&A généraliste n’abordent pas, ou à peine. C’est précisément le vide que Dotmarket School vient combler.

    Kévin Jourdan, CEO de Dotmarket, résume le constat fondateur dans une formule directe : “Dans une acquisition digitale, 20 % du travail concerne la mécanique de reprise. Les 80 % restants relèvent de la compréhension sectorielle du business digital.” C’est à ces 80 % que s’attaque le programme.

    Un programme en deux modules, du positionnement au closing

    Le programme est structuré autour de deux modules qui peuvent être suivis séparément ou en continuité. La logique pédagogique est claire : avant de se lancer dans l’analyse d’un dossier, encore faut-il savoir qui on est en tant qu’acquéreur et ce qu’on cherche vraiment. C’est l’objet du module 1. Le module 2 entre ensuite dans la mécanique opérationnelle du deal.

    Module 1 : de l’intention à la thèse de reprise (10 avril au 15 mai)

    Ce premier bloc de 5 semaines pose les fondations. Il s’ouvre sur les fondamentaux de l’acquisition digitale (panorama des modèles économiques, règles de valorisation, étapes d’un parcours d’achat), puis aborde la psychologie de l’acquéreur : biais cognitifs, raisons pour lesquelles les mauvais deals séduisent, illusions fréquentes des primo-entrepreneurs. Une semaine entière est consacrée à l’envers du décor post-acquisition, avec des témoignages d’e-commerçants expérimentés sur le quotidien réel des J+1, J+10, J+30 après une reprise.

    Le module se termine par deux éléments concrets : la construction d’une thèse de reprise exploitable (critères non négociables, budget réaliste, gestion du risque) et un entretien stratégique individuel de 30 minutes avec Kévin Jourdan pour affiner le positionnement de chaque participant. Un entretien pédagogique avec Cindy, Directrice pédagogique, valide la progression avant d’entrer dans le module 2.

    Semaine Thème Format
    Sem. 0 Welcome & cadre de la formation Réunion d’information (1h)
    Sem. 1 Fondamentaux de l’acquisition digitale 3 masterclass de 2h
    Sem. 2 Psychologie de l’acquéreur 2 masterclass + atelier groupé
    Sem. 3 L’envers du décor post-acquisition 2 masterclass + témoignages
    Sem. 4 Thèse de reprise 1 masterclass + 2 ateliers groupés
    Sem. 5 Positionnement individuel Entretiens 1:1 (Kevin + Cindy)

    Module 2 : de l’opportunité à la décision sécurisée (18 mai au 3 juillet)

    Ce second bloc de 7 semaines est le plus dense. Il couvre l’intégralité du processus d’analyse et de sécurisation d’un deal : sourcing, pré-analyse rapide (comment pré-valider un dossier en 15 minutes avec Semrush et Wayback Machine), premier contact vendeur, construction de l’offre. Viennent ensuite quatre lectures systématiques d’un dossier : financière, digitale, opérationnelle, juridique et technique.

    La lecture financière, animée par Yann Pedard (analyste financier Dotmarket) et Gilles Dognon (analyste digital senior), couvre aussi bien la cession de société que celle d’un fonds de commerce, avec des cas concrets de reconstitution de P&L. La lecture juridique est confiée à Romain Mirabile, avocat spécialisé en distribution et numérique. La lecture technique à Benjamin du Studio Connecté. La structuration finale du deal et la rédaction de la LOI sont animées par Camille Cimenta, avocat associé au cabinet We Rise.

    Le programme se conclut en semaine 12 par une simulation décisionnelle en groupe : chaque participant présente son projet d’acquisition réel devant le groupe, avec un atelier Go/No-Go animé par Kévin Jourdan et Stéphanie (Agence Pôle Ecom). L’objectif n’est pas de garantir un deal signé à l’issue des 12 semaines, mais de repartir avec une méthode d’analyse reproductible et testée sur des cas réels.

    Semaine Thème Intervenant(s)
    Sem. 6 Sourcing & pré-analyse Kevin + Gilles Dognon
    Sem. 7 Prise de contact & construction de l’offre Kevin (CEO)
    Sem. 8 Lecture financière Yann Pedard + Gilles Dognon
    Sem. 8-10 Lectures digitale & opérationnelle Kevin + Gilles + Stéphanie
    Sem. 10 Lectures juridique & technique R. Mirabile + Benjamin (Studio Connecté)
    Sem. 11 Structuration & sécurisation du deal Camille Cimenta (avocat We Rise)
    Sem. 12 Simulation décisionnelle & Go/No-Go Kevin + Stéphanie

    À qui s’adresse Dotmarket School ?

    Le programme vise deux profils bien distincts, que Kévin Jourdan décrit avec précision. Le premier profil regroupe les entrepreneurs en reconversion ou en quête d’un premier projet : cadres, freelances, consultants, salariés expérimentés qui souhaitent reprendre un side business digital ou un petit e-commerce pour générer des revenus complémentaires ou préparer une transition professionnelle. Reprendre plutôt que créer, pour s’appuyer sur un actif qui existe déjà et génère déjà du chiffre.

    Le second profil concerne les entrepreneurs et opérateurs digitaux déjà actifs (e-commerçants, marketers, gestionnaires de sites) qui veulent accélérer leur croissance par acquisition. Pour eux, racheter un site existant est un levier de développement : gagner du trafic immédiatement, élargir un catalogue, consolider une position sur un marché sans attendre des mois de construction organique.

    La première promotion est volontairement limitée à 30 participants, ce qui garantit un suivi individualisé et des échanges de qualité au sein du groupe. C’est un format cohérent avec la posture de Dotmarket : exigeant, sélectif, orienté résultat.

    Les tarifs et ce qui est inclus

    Le programme se décline en trois formules. La flexibilité est réelle : un participant qui ne souhaite travailler que sur son positionnement acquéreur peut se limiter au module 1. Un opérateur digital déjà expérimenté, qui sait ce qu’il cherche mais veut structurer ses audits, peut entrer directement en module 2. Et ceux qui partent de zéro ou veulent une montée en compétence complète prennent les deux.

    Formule Durée Prix HT Volume horaire
    Module 1 seul 5 semaines 1 400 € ~23h30 (masterclass + ateliers + entretiens)
    Module 2 seul 7 semaines 2 400 € ~39h (masterclass + ateliers + entretiens)
    Programme complet 12 semaines 3 000 € ~62h30 (masterclass + ateliers + entretiens + interviews)

    Au-delà du programme pédagogique, chaque participant bénéficie d’un accès complet à la plateforme Dotmarket pendant toute la durée de la formation (3 ou 6 mois selon la formule choisie), des coachings hebdomadaires en ligne, d’événements physiques mensuels à Paris et d’un accès privilégié au réseau de partenaires Dotmarket (financement, juridique, technique, audit). Pour toute question sur le programme, le contact direct est cindy@dotmarket.eu.

    Un webinaire de présentation le 17 mars 2026

    Avant le lancement de la première promotion, Dotmarket organise deux sessions de présentation en ligne le mardi 17 mars 2026. Les webinaires sont 100 % dédiés à la découverte du programme : structure, déroulement, audience cible, dates, et questions libres. Deux créneaux sont disponibles pour s’adapter aux agendas.

    La première promotion démarre le 10 avril 2026 et se termine le 3 juillet. Les candidatures sont ouvertes. Compte tenu du format volontairement restreint à 30 participants, les places risquent d’être limitées rapidement pour les profils les plus alignés avec le programme.