Modjo écoute toutes vos conversations commerciales (appels, visios, emails) et se charge de tout ce qui vient après le rendez-vous : remplir le CRM à votre place, résumer l’échange, faire remonter les signaux d’achat ou de risque que vos commerciaux laissent filer.
C’est une plateforme qui s’est imposée comme une référence européenne sur ce créneau, avec des clients comme Qonto, Doctolib, Pennylane ou Bouygues Telecom.
La transcription d’appels, devenue banale, n’est que la matière première. La vraie valeur est dans ce que les agents IA en font ensuite. En revanche, côté tarifs, l’outil joue dans une toute autre catégorie que les notetakers à 20 € par mois.

Modjo, c’est quoi exactement ? (et ce que ce n’est pas)
Pendant ses premières années, Modjo s’est construit comme la réponse française à Gong : une plateforme d’intelligence conversationnelle qui enregistre, transcrit et analyse les appels commerciaux pour en tirer des enseignements. Fondée en 2020 par Paul Berloty et Matthieu de la Fournière, l’entreprise s’est imposée très vite dans l’écosystème SaaS français.
Mais le Modjo de 2026 ne se vend plus comme ça. Le marché a changé : la transcription et le résumé de réunion sont devenus des commodités, disponibles partout pour quelques euros. Modjo s’est donc repositionné un cran au-dessus, en plateforme d’agents IA pour équipes commerciales, avec une promesse résumée dans sa mission officielle : « restaurer l’art de la vente » en supprimant les frictions administratives qui empêchent les commerciaux de vendre.

La plateforme capte toutes vos interactions commerciales (appels, visios, emails), les analyse, puis agit : elle remplit le CRM, prépare les réunions, rédige les suivis et fait remonter les signaux importants. Le tout revendiqué par 600 entreprises clientes et 22 000 commerciaux, avec un who’s who de la tech française au tableau de chasse : Qonto, Doctolib, Pennylane, Payfit ou encore Spendesk.
Ce que Modjo n’est pasModjo n’est pas un notetaker amélioré, ni un CRM, ni un outil pour indépendants. L’éditeur lui-même positionne sa solution comme optimale à partir de 3 commerciaux. Si votre besoin se limite à la retranscription et au compte rendu de réunion, un outil comme Fathom vous coûtera 5 à 10 fois moins cher.
Les fonctionnalités clés de Modjo
Plutôt que de dérouler le catalogue marketing, on a organisé l’analyse selon le cycle de vie d’une conversation commerciale : la capture, puis l’exploitation immédiate et enfin le pilotage dans la durée.
La capture : appels, visios et emails
Tout commence par la collecte. Modjo se branche sur votre téléphonie (Aircall, Ringover, CloudTalk, Diabolocom et quelques autres) et envoie un bot d’enregistrement, le Modjo Recorder, dans vos réunions Google Meet, Microsoft Teams et Zoom. Le bot apparaît comme un participant visible, ce qui règle au passage la question du consentement des interlocuteurs. Les emails remontent via Gmail ou Outlook.

La transcription couvre plus de 100 langues, avec une précision revendiquée de 95 % en français. Dans la pratique, c’est très bon sur des appels propres mais un peu plus fragile sur les accents marqués, les débits rapides ou les lignes de mauvaise qualité. Rien de rédhibitoire, mais ne vous attendez pas à du verbatim parfait sur tous vos appels.
Si vous utilisez déjà Aircall ou un équivalent, l’installation côté commercial prend 5 à 10 minutes. C’est un des déploiements les plus rapides de la catégorie.
AI CRM Filling : la vraie raison d’acheter Modjo
On l’écrit sans détour : c’est cette fonctionnalité qui justifie le budget.
Le principe : après chaque appel, l’IA extrait les informations clés de la conversation et alimente directement les champs de votre CRM. Pas seulement un résumé collé dans une note, mais le remplissage structuré de n’importe quel champ, standard ou personnalisé, sur n’importe quel objet (compte, contact, opportunité, objets custom).
Le paramétrage repose sur des templates : pour chaque champ, le manager ou l’admin écrit un prompt (« extraire le budget évoqué et ses contraintes », « identifier le décideur économique »), le teste sur de vrais appels, puis choisit si la donnée part automatiquement dans le CRM ou passe par une validation du commercial. Une bibliothèque de prompts pré-testés accélère la mise en route.

Les résultats chez les clients qui ont structuré la démarche sont spectaculaires :
- PlayPlay alimente automatiquement 90 % des champs de sa fiche de qualification Salesforce, le commercial ne fait plus que vérifier en 2 minutes.
- Payplug, de son côté, a gagné 10 points de taux de conversion (de 24 % à 34 %) en combinant remplissage automatique de HubSpot, scoring des opportunités et deal reviews standardisées.
Attention : Salesforce et HubSpot uniquementAI CRM Filling ne fonctionne qu’avec Salesforce et HubSpot. Modjo s’intègre bien à Microsoft Dynamics ou Pipedrive pour la synchronisation des appels, mais sans le remplissage automatique des champs. Si vous êtes sur un autre CRM, la fonctionnalité la plus différenciante de l’outil vous échappe : intégrez ce point très tôt dans votre réflexion.
Les agents IA et Ask Modjo
Il s’agit là de la couche la plus récente de la plateforme. Modjo propose des agents prêts à l’emploi qui se déclenchent en un clic pour réaliser des tâches variées : le briefing complet d’un deal avant une réunion, un plan des prochaines étapes, un email de suivi rédigé à partir de la conversation, la détection de signaux de churn ou d’opportunités de cross-sell. Vous pouvez aussi créer vos propres agents, les tester sur de vrais comptes avant de les déployer et même les enrichir avec de la recherche web.
À côté des agents, Ask Modjo fonctionne comme un ChatGPT branché sur l’historique complet de vos conversations commerciales : « où en est le deal Silverline ? », « quelles objections reviennent sur ce compte ? », « qu’a dit le client sur notre concurrent ? ». L’interrogation fonctionne sur un deal ou sur l’ensemble du portefeuille.

Ces capacités sont accessibles directement dans Salesforce, HubSpot et Gmail, sans changer d’onglet. Pour les équipes Ops, une API complète et un serveur MCP permettent d’aller plus loin et de brancher les données Modjo sur vos propres workflows. On détaille ce type d’architecture dans notre article sur les cas d’usage de l’IA dans la vente B2B.
Le pilotage : Modjo Deals, Call Scoring et AI Insights
La troisième couche s’adresse aux managers et à la direction commerciale :
- Modjo Deals analyse l’ensemble des interactions pour donner une vision de la santé réelle de chaque opportunité : signaux positifs, risques, prochaines étapes. C’est un complément précieux au pipeline déclaratif du CRM et un bon levier pour fiabiliser vos prévisions de vente.

- AI Call Scoring vérifie automatiquement si vos commerciaux appliquent votre méthodologie de vente sur leurs appels et fait ressortir les axes de coaching. Les commerciaux peuvent aussi s’auto-évaluer juste après chaque appel.
- AI Insights agrège chaque mois ce que vos clients disent vraiment sur trois dimensions : la concurrence, votre produit et les objections rencontrées. C’est une mine d’or pour les équipes produit et marketing, qui accèdent enfin à la voix du client sans filtre.
- La Library centralise les meilleurs appels de l’équipe. C’est l’outil qui transforme l’onboarding des nouveaux commerciaux : chez Doctolib, le temps de montée en compétences a été divisé par deux et les nouvelles recrues signent 22 % de plus dans leurs deux premiers mois.

L’avis de SalesdoradoLa profondeur de Modjo vient du paramétrage. Tout demande qu’un manager ou un Sales Ops s’approprie sérieusement l’outil pendant les premières semaines. Sans ce travail, vous paierez une plateforme d’exécution commerciale pour un usage de magnétophone. C’est la première cause de déception sur ce type d’outils, bien avant les limites du produit lui-même. Notre guide du sales enablement vous aidera à structurer la démarche.
Tarifs de Modjo : combien ça coûte vraiment ?
C’est la friction principale : Modjo ne publie aucun prix. Le tarif se construit sur devis, après un formulaire et une démo. C’est frustrant, mais le modèle de coût est en réalité assez simple à comprendre, et plutôt bien pensé.
| Ce qu’il faut savoir | Le modèle Modjo |
|---|---|
| Licences payantes | Uniquement les licences d’enregistrement, c’est-à-dire les utilisateurs dont les appels sont captés et analysés (vos commerciaux, vos CSM). |
| Licences d’écoute | Illimitées et gratuites. Managers, direction, équipes produit ou marketing accèdent à la plateforme sans surcoût. |
| Ce qui est inclus | Toutes les fonctionnalités (pas de modules à empiler), un onboarding structuré de 30 jours et un account manager dédié. |
| Engagement | Contrat annuel. Pas de formule mensuelle sans engagement. |
| Essai gratuit | Non. Démo personnalisée uniquement. |
| Ordre de grandeur | Les prix constatés sur le marché tournent autour d’une centaine d’euros par licence d’enregistrement et par mois, dégressifs avec le volume. Comptez 20 à 30 % de moins que Gong à périmètre comparable. |
Faisons le calcul sur un cas type : une équipe de 5 commerciaux, 2 managers et 1 dirigeant. Seuls les 5 commerciaux ont besoin d’une licence d’enregistrement, les 3 autres profitent de licences d’écoute gratuites. Sur la base des retours qu’on a pu avoir sur le sujet, le budget se situe autour de 6 000 euros par an, onboarding et toutes fonctionnalités compris.
Rapporté au gain de temps revendiqué (2 à 4 heures par commercial et par semaine, un chiffre cohérent avec les retours clients type Pennylane ou PlayPlay), l’équation se défend largement, à condition que vos commerciaux passent réellement leurs journées en rendez-vous. Avec 3 appels par semaine, l’investissement ne s’amortira jamais.
Le conseil SalesdoradoArrivez à la démo avec vos chiffres : nombre d’utilisateurs à enregistrer, volume d’appels mensuel, CRM et téléphonie utilisés. Posez deux questions qui fâchent : le tarif évolue-t-il si on ajoute des licences en cours d’année ? Que se passe-t-il pour nos données si vous partez ? Modjo s’engage contractuellement sur une suppression sous 30 jours après la fin du contrat, faites-le confirmer par écrit.
Modjo vs Gong vs notetakers : comment trancher ?
La comparaison frontale Modjo contre Gong passe à côté du vrai sujet. En 2026, le choix se joue sur trois étages et la première décision consiste à identifier le vôtre :
- Étage 1 : le compte rendu. Votre besoin s’arrête à la transcription, au résumé et à quelques extraits partagés ? Un notetaker comme Fathom, tl;dv ou celui de votre CRM suffit, pour 0 à 30 euros par utilisateur. Acheter Modjo pour cet usage revient à payer une équipe de consultants pour classer vos factures.
- Étage 2 : l’exécution commerciale. C’est le terrain de Modjo. Vous voulez un CRM fiable sans saisie manuelle, des signaux détectés sur l’ensemble du portefeuille et un coaching structuré. Si votre équipe compte 3 à plus de 100 commerciaux, travaille sur HubSpot ou Salesforce et vend en Europe, Modjo est probablement le meilleur choix du marché. L’argument souveraineté pèse lourd dans la balance, avec des données hébergées à Paris, une conformité RGPD native et un contrat en français avec un éditeur français. Pour les secteurs régulés ou les comités d’achat sensibles au Cloud Act américain, c’est souvent le critère qui fait basculer la décision, exactement comme Yousign face à DocuSign sur la signature électronique.
- Étage 3 : la revenue intelligence enterprise. Gong reste devant sur le forecasting avancé, l’engagement multicanal (Gong Engage) et la profondeur analytique pour les très grandes organisations internationales. Par contre, le ticket d’entrée est nettement plus élevé, l’implémentation plus lourde et le support à l’américaine.
Notre lecture : la zone de pertinence de Modjo couvre l’immense majorité des équipes commerciales françaises qui se posent la question. Gong se justifie dans moins de 1 % des cas, les notetakers dans le reste, à condition d’accepter de continuer à remplir son CRM à la main.
